Mémoire Résistance et Déportation dans les Côtes-du-Nord

Mélanie, agent de liaison du maquis de Kerfot

Mélanie Hellequin demeure à Plouézec. Résistante de la première heure et agent de liaison du maquis, elle aurait volontiers endossé plus de responsabilités. A l’époque, le statut des femmes était différent.

« Les agents de liaison étaient des filles, des femmes ou des sœurs de résistants. Parfois, on y trouvait des étudiantes comme moi, externes au lycée Renan de Saint-Brieuc. Le plus difficile était de vivre dans le secret. On devait se méfier de tout le monde, explique Mélanie Hellequin. Le but était de passer là où d’autres ne pouvaient pas passer. »

Agent de liaison du Front national puis du maquis de Kerfot, elle se trouvait en première ligne au mois d’août 1944. Le 4 août, avec Lucienne Le Flem, Thérèse Le Floch et Jeannette Giraud, elle communiqua aux responsables du maquis que les Allemands évacuaient la ville de Paimpol en direction de Plounez et de Guilben. Le 5, elle accompagna le parachutiste Jean Morvan à Guilben pour négocier la reddition allemande.

Mélanie Hellequin pouvait prétendre à plus de responsabilités. « J’étais indépendante. J’avais mon bac mais il faut se replacer dans le contexte de l’époque. Le statut de la femme était différent. Les femmes n’avaient pas encore le droit de vote. On ne s’inscrivait pas en faculté sans l’avis du mari. Les résistantes ont un peu ouvert la voie aux femmes d’aujourd’hui. »

Dans son récit de la libération de Paimpol, Jean Quédiniac, alias « Pierrick » (1) leur rend cependant un vibrant hommage. « Tout homme jeune étant à priori suspect, nous nous déplacions très souvent accompagnés de jeunes filles qui nous servaient en quelque sorte d’alibi. On ne dira jamais assez le rôle important qu’ont eu ces convoyeuses. Combien d’arrestations ont pu être évitées grâce à leur complicité. Qu’il leur soit rendu un hommage particulier pour la part inestimable qu’elles ont prise dans l’accomplissement de missions où un homme seul aurait sans doute échoué. »

(1) Jean Quédiniac a participé à la libération de Paimpol. Il était capitaine FFI en août 1944 avant de poursuivre sa carrière dans l’armée de l’air jusqu’au grade de colonel.

Source : Supplément Ouest-France « La Libération des CDN » 1994, p. 33.

 

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