Mémoire Résistance et Déportation dans les Côtes-du-Nord

Le pillage de l’Allemagne dans les Côtes-du-Nord (1940-1944)

Le Mur de l’Atlantique et les réquisitions de main d’oeuvre

La présence allemande se traduit aussi à la fin de 1940 par le lancement de grands travaux militaires : aménagements de terrains d’aviation, édification de fortifications côtières. En mars 1941, déjà 2 000 ouvriers travaillent directement pour l’occupant.

En période de chômage important à cause de la paralysie de l’économie (1940-1941) et en raison de salaires deux à trois fois plus élevés sur les chantiers allemands que dans les entreprises françaises où les salaires sont bloqués par l’Etat, les entreprises françaises ou allemandes attirent de la main d’œuvre. Des maires, tels celui de Trégastel, protestent contre les conséquences de tels travaux dans sa commune.

En 1944, la main d’œuvre employée sur les chantiers allemands atteint 8 000 travailleurs. Toutefois, à partir de 1943, il est de plus en plus difficile pour l’organisation Todt de trouver de la main d’œuvre volontaire. Des réquisitions de plus en plus lourdes frappent les villes et les communes littorales. L’occupant a de plus en plus fréquemment recours aux rafles pour trouver de la main d’œuvre en 1944. En novembre 1943, une ordonnance allemande a permis de réquisitionner tous les hommes valides de 17 à 55 ans pour achever les chantiers. Les requis s’opposent de plus en plus fréquemment aux occupants, des incidents éclatent. L’opinion attend impatiemment le débarquement.

La paralysie de l’économie à l’approche du débarquement

Dans les premiers mois de 1944, les chemins de fer départementaux en particulier les lignes littorales sont réquisitionnées par l’occupant pour approvisionner les chantiers. En avril 1944, le trafic voyageurs sera provisoirement rétabli à condition que les sabotages de la Résistance qui sont de plus en plus nombreux cessent. Ce ne fut pas le cas, bien au contraire.

Pour accélérer les travaux, le maréchal Rommel inspecte les défenses côtières.

A l’approche du débarquement, la Feldkommandantur ordonne le 10 mars l’évacuation immédiate des établissements scolaires et hospitaliers situés dans les villes de la zone côtière interdite et des vieillards. Des lycéens et des normaliens sont évacués dans l’Indre, beaucoup reviennent par leurs propres moyens après le 6 juin et gagnent le maquis. La propagande nazie prétend que l’Europe fortifiée derrière le mur de l’Atlantique est imprenable. Elle tente d’accréditer l’idée que la Libération de la France après celle de l’Algérie et de la Corse serait catastrophique pour la population. Depuis longtemps, cette propagande grossière n’a plus guère d’écho dans le pays occupé.

Pendant ce temps et depuis plusieurs mois déjà, la Résistance s’organise, combat, notamment les Francs-Tireurs et Partisans (FTP), et se prépare à la libération du pays. (voir 2nd dossier du service éducatif sur la Résistance et la Libération des Côtes-du-Nord).

Sources : Extrait de "Les Côtes-du-Nord dans l’Occupation" Archives départementales des Côtes d’Armor, service éducatif, CDDP, 1985. Auteur : Christian Bougeard.

 

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