Mémoire Résistance et Déportation dans les Côtes-du-Nord

L’idéologie de la Révolution nationale et ses limites (1940-1944)

Pétain et les thèmes de la Révolution nationale

Le ralliement au Maréchal Pétain, massif à l’été 1940, est progressivement battu en brèche avec le développement de la politique de collaboration d’Etat. Avec le discours sur le « vent mauvais » du 12 août 1941, le maréchal veut relancer la Révolution nationale en renforçant un régime déjà très autoritaire : épuration renforcée, dirigisme politique, économique et policier plus affirmé. Il réclame un Etat « indépendant et fort ».

La famille est un axe prioritaire. La fête des mères est célébrée avec éclat, l’autorité du « chef de famille » à l’image du chef de l‘Etat, père de la Nation est exaltée. L’influence mussolinienne transparaît nettement.

Le corporatisme tient lieu de doctrine économique et sociale. Les syndicats sont dissous mais le 1er mai est récupéré. La Charte du Travail, promulguée le 4 octobre 1941, voulant rénover les relations du monde du travail tout en faisant disparaître la lutte des classes se met difficilement en place. Seulement quelques grandes entreprises du département ont organisé des comités sociaux d’entreprise en 1944 dont Chaffoteaux et Maury.

La corporation paysanne qui préconise « le retour à la terre » s’efforce d’encadrer la paysannerie mais dès 1941 et surtout en 1942, son action est remise en question à cause de son appui à la politique de réquisitions des denrées agricoles.

Les réalités économiques et sociales

Des réquisitions agricoles de plus en plus lourdes frappent la paysannerie. A partir de 1941-1942, elles sont de plus en plus difficilement réalisées car on sait que le bétail est destiné aux Allemands. L’alourdissement des impositions est sensible en 1942-1943. A partir de la fin de 1942, la plupart des produits (beurre, œufs, viandes, etc.) ne sont plus réalisés. L’occupant impose des amendes très lourdes, pour lutter contre la résistance passive qui se développe à la fin de 1942. En 1944, à peine la moitié des céréales imposées ont pu être réalisées. Dans les villes, on fait la queue mais souvent les tickets ne sont pas honorés.

Le marché noir prospère. Le régime de Vichy tente de le combattre par la répression. Des milliers de procès-verbaux sont dressés.

Source : Extrait de "Les Côtes-du-Nord dans l’Occupation" Archives départementales des Côtes d’Armor, service éducatif, CDDP, 1985. Auteur : Christian Bougeard.

 

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