Mémoire Résistance et Déportation dans les Côtes-du-Nord

Attitude du PNB face à l’Allemagne

Créé en 1931 d’une scission du Parti autonomiste breton (PAB), le Parti national breton (PNB) rassemble la fraction dure du mouvement breton favorable au nazisme et au séparatisme. Ce parti qui n’a aucun appui populaire est dissous en septembre 1939 et ses deux leaders, O. Mordrel et F. Debauvais, poursuivis en justice, sont partis se réfugier en Allemagne.

Revenus en Bretagne en juin 1940 dans les fourgons de l’occupant, ils lancent leur hebdomadaire L’Heure Bretonne, qui attaque violemment le régime de Vichy et rejette la France. Début juillet, les séparatistes se retrouvent une centaine à Pontivy pour y créer un Conseil National Breton qui revendique la « Bretagne libre », mais ils se heurtent à une manifestation de la population.

Malgré l’appui de certains milieux nazis, l’espoir des chefs du PNB d’un Etat breton indépendant est aussitôt abandonné, les Allemands ayant vite pris conscience de l’isolement et du rejet par la population de ces nationalistes bretons. D’ailleurs, en décembre 1940, avec l’accord des Allemands, les deux « durs » du PNB, Mordrel et Debauvais, sont remplacés à la tête du parti par Raymond Delaporte, un peu moins extrémiste. En parallèle, les Allemands financent aussi des autonomistes plus modérés comme Yann Fouéré, qui fonde en 1941 le journal La Bretagne et prend aussi le contrôle du quotidien La Dépêche de Brest.

Un tract distribué à Dinan en avril 1942 développe les positions du PNB de Delaporte : une « Bretagne libre » dans une « Europe nouvelle », c’est-à-dire nazifiée. En septembre 1942, le deuxième congrès des cadres tenu à Rennes réaffirme l’appui à la collaboration avec les nazis. Dans le même temps, la propagande du PNB poursuit ses attaques contre l’administration de Vichy et dénonce les problèmes de ravitaillement.

A partir de 1943, le PNB de Delaporte tente de prendre ses distances avec l’occupant au sein d’un tract intitulé « Pas de léchage de bottes ». Mais cette orientation n’est pas acceptée par les « durs » de la tendance Laïné du Breiz Atao prêts à s’engager dans la collaboration policière et militaire au sein de la Bezenn Perrot. En participant en 1944 aux côtés des Allemands aux rafles et à la traque des maquis, cette poignée d’ultras va discréditer pour longtemps le mouvement breton assimilé aux Breiz Atao après la guerre.

 
Sommaire

vendredi 27 février 2009 par L’HELGOUALCH Jérôme
Tract du PNB en août 1940 : "BRETONS NOTRE HEURE EST VENUE !"
ADCA, 1043 W 22, Tract du PNB distribué dans les Côtes-du-Nord en août 1940 lire la suite de l'article

lundi 19 janvier 2009 par RIVOALEN Amélie
Tract du PNB distribué à Dinan (avril 1942) : "Ce que sont, Ce que veulent LES NATIONALISTES BRETONS"
ADCA, 1043 W 32, Tract du PNB distribué à Dinan dans la nuit du 3 au 4 avril 1942 lire la suite de l'article

vendredi 19 décembre 2008 par RIVOALEN Amélie
Tract du PNB : "Pas de léchage de bottes"
ADCA, 1043 W 22, Tract du PNB distribué dans les Côtes-du-Nord lire la suite de l'article