Mémoire Résistance et Déportation dans les Côtes-du-Nord

Incidents au congrès des membres du PNB de l’arrondissement de Saint-Brieuc (avril 1942)

Les membres du P.N.B. de l’arrondissement de St-Brieuc se réunissent

Milliciens et adhérents de Parti national breton de l’arrondissement de Saint-Brieuc se sont réunis mercredi à l’hôtel de la Croix-Rouge sous la présidence de M. Raymond Delaporte, chef du parti. Les chefs des cantons de Châtelaudren, Etables, Quintin, Moncontour, Plouguenast, la Chèze, Loudéac, Uzel, Saint-Brieuc, etc... ainsi que de nombreux militants et militantes, vinrent écouter les discours que prononcèrent différents orateurs. Avant d’en arriver là, les chefs de canton firent un bref exposé de la situation dans leurs secteurs respectifs, puis M. Laurent, chef de l’arrondissement de Saint-Brieuc, et M. de Quelen, chef départemental firent des rapports documentés sur l’activité du parti dans leurs circonscriptions territoriales.

M. Lemée, chef de la propagande, qui leur succéda à la tribune, insista tout particulièrement sur la nécessité de renouer les traditions raciales, tant en Haute qu’en Basse-Bretagne, dont le patrimoine national est commun. Plus que jamais, dit-il, nous devons exiger que le breton soit enseigné dans les écoles et que les fonctionnaires envoyés en Bretagne soient de race bretonne.

M. René Bourdon, trésorier général, montra que dans le passé la Bretagne fut toujours défavorisée lors de l’attribution des crédits nécessaires pour mettre sur pied un programme de grands travaux. L’entente avec la France ne peut exister que si des garanties formelles sont accordées à la Bretagne, nation qui entend s’intégrer dans l’Europe nouvelle.

M. Yan Goulet, chef des groupes de protection, protesta contre l’internement sur ordre de M. le préfet régional de plusieurs militants du P.N.B. arrêtés au cours d’évènements récents.

Prenant le dernier la parole, M. Delaporte définit la position du parti à l’égard des actuelles tractations de Vichy et convia tous ses camarades à la lutte pour la liberté et pour la vie.

Le chant du Bro goz ma zadou, entonné par tous les assistants, clôtura ce congrès.

Incidents regrettables

On sait qu’à la suite du congrès d’arrondissement du Parti national Breton, des éléments de la Milice bretonne qui avaient projeté de défiler dans les rues, drapeau noir et blanc en tête, se sont heurtés aux agents de la police municipale, et qu’il en est résulté une bagarre avec bléssés de part et d’autres.

Cet incident est des plus regrettables dans les circonstances actuelles. Il ne sert à rien de minimiser les faits et de cacher la vérité.

Tout doit être tenté, et rapidement, pour éviter que de telles rencontres sanglantes se renouvellent.

Nous persistons à penser que si la province de Bretagne était constituée, dans ses limites historiques, avec un cadre administratif propre à cette formation territoriale, les groupements turbulents verraient se détourner d’eux la masse des Bretons et n’assisterait plus au triste spectacle de militants extrémistes se bagarrant avec les agents aux applaudissements de la foule.

Il est temps, grand temps que l’on nous entende.

Source : ADCA, 1043 W 22, Article du journal La Dépêche de Brest et La Bretagne, 13 avril 1942.

 

Commenter cet article