Morgane, Sonia, Magalie, Ludivine, Cécile et Rachel, élèves du lycée Jean Moulin de Saint-Brieuc, ont organisé sur le site de leur établissement trois semaines citoyennes autour de la Résistance et de la Déportation, conclues en apothéose les 9, 10 et 11 mai par un forum inter-lycées à l‘intention des établissements publics de l’Académie de Rennes.
Accompagnés par Philippe Astoul et Daniel Le Beuan, conseillers principaux d’éducation, les élèves ont mis en œuvre un vaste projet destiné à rendre hommage à Jean Moulin, aux résistants et déportés et à alerter le plus grand nombre au devoir de mémoire et aux leçons du combat résistant contre les crimes nazis.
Résistants, déportés, historiens, artistes, éducateurs et élèves de quatorze lycées des quatre départements de l’académie s’étaient donc donné rendez-vous pour un programme intense en enseignements et émotions. Cette initiative citoyenne lycéenne, inédite à cette échelle, était soutenue par beaucoup de partenaires.
Pour accueillir le forum, le lycée Jean Moulin s’est transformé avec un grand nombre d’expositions en musée de la Résistance et de la Déportation. Terrain de rencontres, d’échanges, de réflexions, d’enseignements, le programme prévoyait trois jours complets où alternaient les nombreux témoignages de résistants, déportés, des conférences et documentaires historiques, des débats sur « l’entrée en résistance », sur « l’art et la mémoire » ou sur la « citoyenneté » et des productions lycéennes variées et de grande qualité, empruntant pour ce faire la diversité des formes artistiques : danse, cinéma, photographie, théâtre, écriture poétique, journal, bande dessinée, expositions historiques. Chaque soir, les participants du forum étaient invités au théâtre de la Passerelle de Saint-Brieuc pour assister à trois représentations exceptionnelles de spectacles proposés spécialement pour le forum : « Premier combat de Jean Moulin » par l’atelier Zehnacker de Sarcelles, « Mesure de nos jours » de Charlotte Delbo par Sylvie Malissard et « Si c’était un homme » d’après Primo Lévi par le Centre Dramatique National de Besançon.
Au terme d’un programme très riche, chacun a pu renforcer et développer une citoyenneté avertie et vigilante, davantage consciente de sa mission de défense et de développement de la démocratie. Il était difficile de se quitter. Mais chacun est reparti avec l’intention déterminée de défendre l‘idée d’une fondation lycéenne pour la mémoire de la résistance et de la déportation qui proposerait à l’avenir d’autres rendez-vous citoyens aussi réussis.
Source : Educ Armor, Education Nationale 22, n° 52, juin 2001.
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