Mémoire Résistance et Déportation dans les Côtes-du-Nord

"Cécile" Borras : J’ai résisté, je résiste, je résisterai

« Cécile » au lycée Jean Moulin de Saint-Brieuc

J’ai résisté, je résiste, je résisterai

Plusieurs de nos amis, rescapés des camps, témoignent des crimes du XXe siècle auprès des nouvelles générations. Ils soutiennent aussi de jeunes élèves dans leurs travaux de construction de la Mémoire.

Début avril 2000, j’ai été contactée par Monsieur Daniel Le Beuan, Conseiller d’éducation du lycée professionnel Jean Moulin de Saint-Brieuc pour participer à plusieurs débats dans le cadre d’un projet de citoyenneté ayant pour sujet : 1. Devoir de mémoire 2. La parole 3. J’ai résisté, je résiste, je résisterai. Cet enseignant a accompagné les cinq lycéennes qui ont formé ce projet, auquel elles s’étaient attelées depuis novembre 1999 et qui a nécessité beaucoup de recherches de leur part.

Nous avons parlé ensemble de ce 20e siècle particulièrement meurtrier. Nous avons approfondi l’adage : « Si tu veux comprendre le présent, étudie le passé ». Lors de ces rencontres, nous étions parfois trois déportés pour expliquer le chemin parcouru qui nous a entraîné vers la Résistance et la déportation.

Je suis retournée plusieurs fois dans ce lycée : sur les trois thèmes définis plus haut, que de questions sérieuses ont été posées ! C’était un vrai plaisir de partager cet après-midi avec toutes ces élèves (16 à 18 ans).

Avec un groupe de cent élèves, nous sommes aussi allées au Mémorial pour la Paix de Caen, retraçant le débarquement des Alliés. Elles ont remarqué qu’on y parlait pas du tout des résistants qui – par des renseignements et des sabotages – avaient facilité cette action décisive, et sans lesquels celle-ci aurait été sûrement plus difficile et plus meurtrière.

Dans leur lycée, elles ont monté une exposition vraiment très documentée qui a duré quinze jours. Elles avaient demandé des informations à plusieurs organisations de la Résistance et de la Déportation. D’autres témoignages, individuels – très riches, très touchants – recueillis par ces élèves auprès d’anciennes déportées de Bretagne, accompagnaient les photos prêtées pour l’exposition. Les 180 photos d’immatriculation des « 31000 » y figuraient également, ainsi qu’une grande affiche avec le poème de Charlotte Delbo, « Prière aux vivants ».

Je leur avais donné une copie du message de la FNDIRP pour la Journée du Souvenir de la libération des camps : il a été affiché dans toutes les classes et lu le 12 avril. Le 13 avril, au cours d’une cérémonie avec drapeaux, une plaque de verre a été inaugurée dans l’enceinte du lycée Jean Moulin avec un portrait de celui-ci et le poème d’Aragon, « Si c’était à refaire, je referai ce chemin ». Monsieur Le Bris, proviseur, qui avait appuyé le travail de ce petit groupe, est intervenu. Monsieur Quintric, Recteur d’Académie, s’est également exprimé de manière très positive, remerciant les élèves pour le travail accompli et dans l’attente d’une suite toute aussi fructueuse l’an prochain.

Elles sont bien, ces jeunes filles qui vont entrer dans la vie active, couturières ou maroquinières. Je crois que cette perspective d’un métier à la fin des études en rend le suivi plus sérieux.

Merci à leur Conseiller d’éducation, Monsieur Le Beuan, pour l’aide particulière qu’il leur a apporté.

« Cécile » Christiane BORRAS, 31650

Source : Mémoire Vive, La lettre de l’association des 45 000 et des 31 000 d’Auschwitz-Birkenau, n° 12, juillet 2000. Auteur : « Cécile » Christiane Borras, 31 650.

 

Commenter cet article